L'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) pour les intérimaires
Pour être indemnisé et bénéficier d’une allocation calculée à
partir de son salaire, le travailleur intérimaire doit remplir un
certain nombre de conditions et notamment justifier d’un certain nombre
d’heures de travail.
Conditions pour bénéficier de l'ARE
Avoir travaillé 910 heures ou plus au cours des 22 derniers
mois
l Les périodes de formation
professionnelle peuvent être assimilées en partie à du
travail.
Ne pas avoir quitté volontairement son emploi
l La démission du dernier emploi
ou la démission d’un emploi autre que le dernier dès lors que
l’activité reprise est inférieure à 3 mois. ne permet pas le versement
des allocations de chômage. l Cependant, certains départs
volontaires sont considérés comme légitimes (ex. départ volontaire
pour suivre le conjoint qui change de domicile pour exercer un nouvel
emploi) et ouvrent droit à indemnisation. Le départ volontaire ne constitue pas un obstacle définitif à
l’indemnisation. En effet, au bout de 4 mois, sur la demande de
l’intéressé, et au vu de ses recherches actives d’emploi, les
allocations peuvent être versées sur décision favorable d’une
commission paritaire.
Être physiquement apte à l'exercice d'un emploi
l L’organisme de sécurité
sociale ou tout autre organisme concerné doit être consulté en cas
d’inaptitude. l La demande d’indemnisation
sera traitée dès lors que l’aptitude à reprendre un emploi est
reconnue.
Être inscrit comme demandeur d'emploi
ou suivre une formation
l Chaque mois l’inscription doit
être maintenue par une actualisation mensuelle de situation. Cette actualisation mensuelle s’effectue par téléphone,
Internet ou par courrier.
Être à la recherche effective et permanente d'un
emploi
La non- réponse à une convocation peut entraîner la suspension
du versement des allocations.
Être âgé de moins de 60 ans
Toutefois, si à 60 ans, les 160 trimestres exigés pour
bénéficier d’une retraite à taux plein ne sont pas atteints, le
bénéfice des allocations de chômage est maintenu jusqu’à l’obtention
des 160 trimestres et ce dans la limite des droits notifiés. En tout état de cause, l’indemnisation ne peut se poursuivre
au-delà de 65 ans.
Les démarches
Pour s’ouvrir des droits aux allocations,
l’intéressé doit : l s’inscrire comme demandeur
d’emploi au site Pôle emploi de son domicile, l remplir le dossier
d’inscription et de demande d’allocations. l En principe, à la fin de
chaque mission, l’employeur transmet directement à Pôle emploi
l’attestation d’employeur qui permet d’étudier le dossier du demandeur
d’emploi. Si il ne le fait pas, il doit remettre au salarié ce
document.
Montant et paiement de l'allocation
Eléments pris en compte
L’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) est calculée à
partir des anciens salaires soumis aux contributions de l’assurance
chômage. Les indemnités de congés payés et les indemnités de précarité
d’emploi ne sont pas intégrées dans le salaire de référence.
Calcul de l’allocation
l Les éléments de calcul
figurent sur l’attestation (s) d’employeur (s). l Le premier point de repère est
le dernier jour de travail payé. l Sur la base des 12 derniers
mois de salaires et des primes afférentes qui précèdent cette date,
une allocation journalière est calculée. Le revenu de remplacement étant payé chaque mois, cette
allocation journalière brute est multipliée par le nombre de jours du
mois (30 ou 31, 28 ou 29 en février). A partir d’un certain montant, des retenues propres aux
allocations de chômage sont prélevées.
40,4 % du salaire journalier brut +
10,93 € par jour
3 % de l’ancien salaire (retraite
complémentaire)
compris entre 1 928 € et 11 436 €
57,4 % du salaire journalier brut
11,37 % de l’allocation (CSG/RDS/retraite
complémentaire) si l'allocation est supérieure au SMIC (44 €
au 01/07/2008)
Durée de l'indemnisation
La durée de l’activité salariée et l’âge déterminent la durée
maximale de l’indemnisation. En cas de dispense de recherche d’emploi, l’allocation est
maintenue en fonction des recherches effectives d’emploi dans la
limite de la durée maximale de vos droits.
Durée d'activité
salariée
Durée maximale d'indemnisation
6 mois d’activité au cours des 22 derniers
mois 12 mois d’activité au cours des 20 derniers
mois 16 mois d’activité au cours des 26 derniers
mois
7 mois . 12 mois . 23 mois
Début de l'indemnisation
L’indemnisation n’est pas immédiate. Un délai d’attente de 7 jours est systématiquement
appliqué. De plus un différé d’indemnisation est calculé en fonction
des indemnités de congés payés ou des indemnités de rupture versées
par l’employeur. Calcul du différé : l un différé « congés payés »
correspondant aux congés non pris, l éventuellement un différé «
indemnités de rupture » si vous percevez des indemnités
supralégales.
Versement des allocations
Le versement des allocations est subordonné à la signature d’un
projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE) établi lors d’ un
entretien approfondi avec un conseiller de Pôle emploi. Le PPAE précise notamment : l les types d’emplois que
l’intéressé est en mesure d’occuper au regard de ses capacités
professionnelles, ses qualifications, son expérience, sa situation
personnelle et familiale, l les types d’emploi vers lesquels
il souhaiterait éventuellement se reconvertir, l les prestations ou formation
nécessaires à son retour à l’emploi. Dans ce cadre, des aides au retour
à l’emploi peuvent être accordées.
Les démarches
Pour percevoir chaque mois ses allocations,
l’allocataire doit : l chercher activement un emploi
et respecter les obligations qui figurent dans son projet personnalisé
d’accès à l’emploi (PPAE), l répondre aux convocations et
remettre les pièces justificatives demandées. En cas de non réponse, le paiement des allocations peut être
suspendu et le dossier transmis à la Dtefp (Direction départementale
du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle) chargée de
contrôler la situation. l actualiser chaque mois sa
situation par téléphone, par Internet ou par écrit au moyen d’une
carte mensuelle d’actualisation, l signaler toute reprise
d’activité et d’une manière générale, tout changement de situation
(ex. maladie) ; des contrôles systématiques entres les différents
organismes sont opérés.
Interruption du versement
Le service des allocations est interrompu le jour où l les droits sont épuisés l le demandeur d’emploi cesse
d’être inscrit comme demandeur d’emploi l les indemnités journalières sont
versées par la sécurité sociale au titre de l’assurance maladie,
maternité l l’allocation de présence
parentale ou le complément libre choix d’activité est versée l le demandeur d’emploi est exclu
du bénéfice des allocations de chômage sur décision administrative ou à
la suite de la radiation de la liste des demandeurs d’emploi. A noter : la reprise d’une
activité professionnelle n’entraîne pas systématiquement l’arrêt du
versement des allocations.
Protection sociale
l La protection sociale antérieure
est maintenue (remboursement frais médicaux, indemnités
journalières). l La période d’indemnisation est
validée par la caisse d’assurance vieillesse, des points de retraite
complémentaire sont attribués.
Les démarches
l Tout arrêt maladie doit être
signalé par l’allocataire à la sa caisse d’assurance maladie et à Pôle
emploi. l Pour les prestations
familiales, l’intéressé doit indiquer sa situation de demandeur
d’emploi à la caisse d’allocations familiales pour que cette dernière
réexamine sa situation. l En principe, pour la retraite
de base et complémentaire aucune démarche n’est à effectuer, Pôle
emploi signale directement aux caisses concernées les périodes de
chômage prises en compte et donnant lieu à validation.
Nouvelles missions
Reprise de nouvelles missions en cours
d’indemnisation : Chaque mois, un nombre de jours non payables est déterminé à
partir des rémunérations.
Jours non payables
=
rémunérations brutes (y compris ICCP du mois concerné)
ancien salaire journalier servant au calcul des
allocations
Exemple :
Salaire antérieur à la période d’indemnisation : 42 € bruts par jour, soit environ 1260 € par mois. Reprise d’une mission d’intérim en cours d’indemnisation, qui
procure au cours du mois un revenu de 350 € (salaire +ICCP). Dans ce cas, chaque mois 8 jours d’allocations seront déduits
( 350/42).
Un examen de la situation de l’intéressé est effectué dès que les
conditions d'attribution des allocations sont à nouveau
remplies. En pratique, un courrier est adressé dès que la condition
permettant une nouvelle ouverture de droit à savoir 910 heures est
remplie. Dans le cas d’une réadmission, le dossier fait l’objet d’une
étude, dans le cas contraire, le paiement des allocations sans réexamen
est poursuivi.
Les démarches
l Lors de l’actualisation,
l’intéressé indique les heures travaillées et renvoie le bulletin de
salaire à l’adresse indiquée l En cas de cessation
d’inscription, l’intérimaire doit se réinscrire comme demandeur
d’emploi dès la fin de la mission. Il est important de signaler la reprise des missions car des
contrôles systématiques sont opérés. Le non respect de ses obligations entraîne : l Le remboursement des
allocations versées durant la période travaillée au cours du
mois. l La suspension du versement des
allocations et la transmission du dossier à la Ddtefp qui peut réduire
ou supprimer temporairement ou définitivement les allocations. l L’absence de prise en compte
des périodes de travail non déclarées pour l’ouverture d’une nouvelle
période d’indemnisation.